Les Pixtes

Journal de bord de la mission XESION

Nous arrivâmes en ce 15e jours du cycle avériun de l’an 4052 du consortium sur la planète Pixt-AD4.

Nous débarquâmes rapidement à l’aide d’une capsule d’exploration tandis que notre vaisseau restait en orbite autour de la planète notre pilote restant à son bord. Celui-ci n’aurait pas à patienter bien longtemps notre mission ne devait durer qu’une semaine.

Notre équipage était composé: du professeur Engush, un éminent scientifique ; d’un explorateur: M. Flinch; de deux aides de camp: plus exactement des mercenaires censés assurer notre protection, deux homme à l’air patibulaire et à la carrure impressionnante, dont j’ignorai tout y compris le nom; puis notre capitaine et sponsor le docteur Walsh, dont je savais, sommes toutes, fort peu de choses si ce n’est qu’il avait fait fortune dans les mines de Damatar renommées depuis à son effigie; ainsi que moi-même, professeur Barthylius ethnologue de profession.

Notre petit groupe fit rapidement la rencontre d’autochtones: les Pixtes. Un peuple étrange de cette planète, des petites créatures au cœur bleu luisant à travers la poitrine.

A l’origine nous les avions pris pour pacifiques mais ils s’étaient révélés belliqueux dans des circonstances mystérieuses lors de la précédente et unique expédition menée quelques mois plus tôt sur leur planète. A un tel point que l’équipe de recherche avait dû être évacuée après la perte d’un de ses membres.

Vous comprendrez donc que nous étions équipé de fusils paralysants et de colliers de contrôle hypnotiques.

Comme je vous le disais, nous eûmes donc la chance ou l’infortune, vous en jugerez pas vous même, de rencontrer assez rapidement un groupe de Pixtes.

Nous fîmes tous usage de nos fusils paralysants avec plus ou moins de succès, le professeur Engush par exemple réussi seulement à se paralyser le pied tandis que je me contentais de vider mes cartouches dans le vide. Heureusement nos aides de camp se révélèrent fort adéquats dans cette situation et nous maitrisâmes assez rapidement la dizaine de Pixtes, armés de lances, sans plus d’incidents qu’un pied paralysé.

Nos prisonniers furent ainsi équipés, par nos soins de colliers hypnotiques, ils nous serviraient de guide ou d’otages au cas où la situation deviendrait périlleuse.

Nous avançâmes péniblement sur le manteau de neige et de glace qui recouvrait les trois quarts de cette planète. Attelé à nos «hôtes » malgré eux, les colliers leur intimaient l’ordre de se rendre vers leur cité tout en inhibant toute émotion ou esprit de rebellions.

Nous franchîmes des abimes profonds sur des ponts branlants, nous longeâmes d’impressionnantes crevasses et nous crûment perdre nos guides à plusieurs reprises tant leur petits corps disparaissaient facilement dans les dépressions du paysage.

Nous nous dirigeâmes pendant deux jours et deux nuits vers la cité ne prenant que quelques heures de repos, notre rythme de sommeil toujours calé sur notre planète d’origine, nous avions du mal à nous adapter au cycle de rotation d’environ 21 jours de la planète Pixt.

Nous avions déjà perdu le contact avec notre vaisseau, une tempête de neige brouillant les communications.

Alors que nous étions tous éreintés, nous arrivâmes en vu de la cité. Nous décidâmes donc d’enlever leur chaînes à nos captifs pour qu’ils puissent rentrer dans leur village.

D’après nos connaissances précédemment acquise à l’aide de sondes d’observation, la société des Pixtes était principalement organisée autour de leur Cité mais certaines tribus de chasseurs vivaient dans des villages sous des glaciers, sans doute l’une de ces tribus s’était portée à notre rencontre et nous servait malgré elle de guide.

Nous relâchâmes donc nos prisonniers et nous étions sur le point de nous éloigner tout en désactivant le contrôle de leurs colliers hypnotiques. Quand soudainement un vaisseau blanc fondît sur nous.

Nous fûmes rapidement frappés par une impulsion électromagnétique qui neutralisa immédiatement nos armes ainsi que les colliers hypnotiques.

Nos mercenaires se dressèrent devant nous, tandis que les Pixtes libérés de l’emprise des colliers furent pris de rage.

Une lueur de folie dans les yeux, il ne leur fallu qu’un instant pour se jeter sur nous sans que nous ne sachions pourquoi. Nos aides de camp faisant rempart de leur corps, les Pixtes se ruèrent sur eux comme de beaux diables mordant et griffant partout où ils le pouvaient.

Un de nos protecteurs, un grand brun d’environ 110kg, s’effondra sous leurs assauts, tandis que l’autre nous criait de nous mettre à l’abri.

Trop frappé de stupeur pour réagir mon corps ne m’obéissait plus et je restait figé devant cette scène se déroulant au ralenti sous mes yeux impuissants.

Le docteur Walsh m’attrapa par le bras pour m’attirer à l’écart, tandis que notre deuxième garde du corps se débarrassait d’un de ses adversaires à l’aide d’une lame dissimuée dans sa manche. Mais cela ne fit que retarder l’inévitable: une horde de petites furies bleutées se jetait déjà à l’assaut du colosse.

Le professeur Engush et M. Flinch se frayaient plus ou moins maladroitement un chemin vers l’est à l’aide de leur fusil paralysant.

Le docteur Walsh eu la brillante idée de m’entraîner en direction de notre capsule. Alors que j’hésitais à abandonner mes compagnon, le docteur Walsh s’exclama: « ils nous rejoindront à la navette ! ». Les Pixtes se ruèrent dans notre direction ce qui mit fin à toutes mes hésitations.

Nous courûmes à en perdre le souffle et même au delà. Mes poumons brûlés par l’air glacial me suppliaient de ralentir tandis que mes jambes semblaient se dérober à chaque enjambée mais je persistais.

Nos corps plus grands nous conféraient un léger avantage sur nos assaillants. Mais je savais, pour les avoir côtoyé ces derniers jours, que leur résistance était à toute épreuve. Nous poursuivîmes ainsi notre course, combien de temps je ne saurai le dire mais nous arrivâmes finalement aux abords de la falaise où nous avions perdu le signal de notre navette.

Tandis que le docteur Walsh sortait son transpondeur, je tentais de bloquer le passage étroit en renversant des pierres et de la neige.

Complètement à bout de souffle nous prîmes quelques instants pour récupérer. Ma gorge me brûlait, mes jambes étaient tellement lourdes et engourdies qu’on les eues cru coulées dans du béton.

Le docteur Walsh programmait fébrilement notre capsule pour qu’elle nous rejoigne tandis que je tentais de me réchauffer et de reprendre mon souffle. Malheureusement nous n’eûmes que peu de répit, les Pixtes étaient de nouveau en vue et le vaisseau blanc les suivait, une lueur que je ne connaissais que trop bien s’en dégageait : un champs de stase électromagnétique. Au moindre contact nous serions paralysé et pris au piège, néanmoins le vaisseau semblait tranquillement suivre les Pixtes et ne faisait pas mine de les dépasser pour nous capturer. Soit que la manœuvre était inconnue de son pilote soit qu’il préférait une lente partie de chasse à une attaque rapide au dénouement trop prévisible.

Nous reprîmes donc notre course effrénée en direction de notre navette qui avançait désormais à notre rencontre.

Poussés par la peur et peut-être aussi par l’espoir de survie, je pense que nous accomplîmes des prouesses bien au delà de ce que notre condition physique nous l’eut permis en d’autres circonstances.

Nous étions de retour au dessus de l’abîme traversée la veille, sur le pont de cordes, quand nous entendîmes un cri, les Pixtes arrivés au seuil du pont semblaient débattre de la marche à suivre. Quand l’un d’eux se lança dans l’entreprise de couper les liens du pont avec sa lance, la corde se décomposait déjà et nous n’étions qu’à mi-parcourt. Tandis que le vaisseau blanc contournait subitement les Pixtes pour venir nous prendre en tenaille.

Au milieu de tout ce malheur la chance nous sourit soudain notre navette apparut, volant à l’intérieur de l’abysse, si bien que les Pixtes ne l’avait pas encore repéré. Je criais au capitaine Walsh de s’agripper au cordage du pont. Si nous arrivions à tenir nous étions sauvés.

Le pont se déroba subitement sous nos pieds. Dans un réflexe totalement inattendu de ma part, je trouvais la force de m’accrocher au cordes et de me retourner pour ne présenter que mon dos à la falaise au moment de l’inévitable impact et celui ci ne se fît pas attendre.

Le choc manqua me faire lâcher prise mais je tint bon.

Malheureusement je ne peux en dire autant de Walsh mon collègue et sauveur qui fût précipité au fond de l’abysse.

Avec lui j’allais aussi perdre ma seule chance de salut: la navette qui était toujours programmée pour le suivre. Je me jetai, dans une tentative désespérée sur la capsule alors qu’elle passait à proximité.

Je n’eu qu’un instant pour agripper une suspente externe du frêle vaisseau qui plongeait déjà en direction du sol.

Fort heureusement les machines sont programmées pour ne pas s’autodétruire, si bien qu’elle s’immobilisa quelques mètre au dessus du sol, attendant une nouvelle instruction, surplombant le corps gisant de Walsh.

Je trouvais une trappe qui me permît d’ouvrir la navette et de me glisser à l’intérieur et lançais immédiatement une procédure de rapatriement d’urgence vers notre vaisseau.

Dans ma précipitation, j’en oubliait le vaisseau des Pixtes qui profita de mon passage pour me toucher de son rayon paralysant.

Ma capsule sembla d’abord ne pas être affectée et survola sur quelques mètres avant que le courant ne s’éteigne brutalement. La chute fut moins douloureuse que je ne l’eu crû, l’impact au sol fortement amorti par la couche de neige.

S’ensuivirent les pires instants de ma vie. Prisonnier de ce vaisseau privé d’électricité que je ne pouvais ouvrir manuellement sans détruire l’habitacle et finir ainsi bloqué à jamais sur cette planète, je me voyais déjà servir de repas aux Pixtes.

Une minute entière passa sans que je n’arrive à me décider, finalement je décidai que tant que je restait en vie tous les espoirs restaient permis, aussi je m’emparai de la hache de secours et fit sauter les gonds de la porte. Je m’extrayais tant bien que mal et rampais dans la neige tentant de laisser le moins de traces possible. Je trouvais une fissure dans laquelle je me glissait avant de me couvrir de neige. J’entendais le vrombissement du vaisseau des Pixtes à quelques mètres de là, il s’arrêta au niveau de la capsule de survie avant de repartir. Je restais recroquevillé ainsi pendant quelques heures. Les Pixtes semblaient s’être calmés et rentraient chez eux.

J’attendais encore une bonne heure après leur départ puis regagnais, complètement engourdi, la navette, qui ne pouvait plus voler. Je réussi tout de même à trouver un ordinateur de bord toujours capable d’envoyer un signal de détresse.

Si quelqu’un reçoit ce message, je suis sur une réserve de 15 jours de boisson et de nourriture. Ce rapport est à transmettre de toute urgence de la part du docteur Barthylius, matricule 4-5-21 au vaisseau TX54 en orbite autour de la planète Pixt-AD4.

À suivre…